HISTORIQUE

LES GROTTES

 

Le quartier des Grottes, situé au nord-ouest de la ville de Genève, fut conçu et principalement bâti par un entrepreneur spéculateur entre 1872 et 1880, Jean-Pierre Berger. Contrairement à ce que suggère son nom, il ne repose sur aucune caverne du paléolithique, mais tire son appellation d’une petite rivière, autrefois chargée de boue durant ses crues : le nant des Crottes, transformé en Grottes au XIXe siècle.

Deux propriétés jouxtaient alors la rivière, les " Grandes Grottes " au sud, appartenant aux Oltramare – des protestants d’origine italienne – et les " Petites Grottes " , au nord, propriété des Berger. Au bas de ces propriétés se trouvait une pépinière (rue de la Pépinière) qui disparut peu à peu avec l’implantation de la gare Cornavin en 1856.
Le territoire des Grottes, avec celui des Pâquis, de Montbrillant et des Délices, fut annexé à la ville de Genève en 1850 et les premières transformations observées eurent un caractère industriel (rue de l’Industrie), soit deux petites manufactures implantées de part et d’autre de la rivière et de petites maisons ouvrières (rue du Cercle).
En suivant les limites de sa propriété, l’entrepreneur J.-P. Berger réussissait à créer un véritable petit quartier destiné primitivement à une classe d’artisans et de fonctionnaires et dont la rue des Grottes constituait l’attraction commerciale.

Bien situé, à l’arrière de la gare, le quartier fut cependant rapidement investi par une population ouvrière et devint même le siège du journal anarchiste le Révolté, avant que celui-ci ne se déplace à Paris, rue Mouffetard. On y trouvait également l’une des premières épiceries coopératives et, dès la fin du siècle, avec les opérations de logements ouvriers entreprises à la rue Favre, le quartier pouvait être qualifié de " quartier ouvrier ".
L’histoire du quartier s’anima dès la fin des années 1960 lorsqu’il fut question de le raser entièrement pour construire un grand complexe de logements et de commerces. Les plans de la Fondation pour l’aménagement des Grottes furent successivement repoussés par une population hostile à un tel bouleversement et le quartier retrouva son calme et sa vie paisible. Le seul changement important fut la construction d’un ensemble d’immeubles locatifs très pittoresques et colorés, surnommé les Schtroumpfs, formant la limite supérieure du quartier, et complété par une école primaire.

Texte d'A.Brulhart pour l'ACAG